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14/04/2020

Les Héros de l’ombre .

En ces temps difficiles de Pandémie, Wwire vous propose une série de portraits de femmes souvent méconnues mais qui pourtant ont réalisées de grandes choses pour le monde d’aujourd’hui.

Ces femmes, bien souvent non reconnues et peu médiatisées n’ont cherché qu’une chose, aider leur prochain.

Bonne lecture.

 

Geneviève Chêne, au service de la santé publique

 

Nommée fin 2019 directrice générale de Santé publique France, la professeure Chêne illustre ces trajectoires exemplaires, peu médiatiques, de scientifiques voulant avant tout servir.

 

625 agents, un budget avoisinant 200 M€ : telle est l’Agence nationale de santé publique, établissement sous tutelle du ministère des Solidarités et de la Santé. Sa fonction : améliorer et protéger la santé des populations, mission articulée autour de trois axes majeurs : anticiper, comprendre et agir.

Trois verbes qui correspondent on ne peut mieux à la nouvelle directrice de la structure créée en 2016.

Tout le parcours professionnel de cette scientifique reflète cette triple volonté, de sa thèse de médecine en 1990 (Les infections urinaires nosocomiales dans un service de soins intensifs : épidémiologie, coût, prévention) à sa thèse de doctorat en sciences biologiques et médicales en 1996 (Essais thérapeutiques de prévention d’infections opportunistes au cours de l’infection par le VIH : à propos d’un essai de prévention primaire de la toxoplasmose).

Récemment, une intervention à France Info (19/03) a permis d’entendre la voix de cette scientifique si discrète que ni la presse, ni les réseaux sociaux ne trouvent grain à moudre la concernant. Elle intervenait logiquement au nom de l’agence qu’elle dirige et de sa veille sanitaire vis-à-vis du Covid-19, appuyant sur l’importance du confinement au vu des expériences des autres pays – reconnaissant au passage la sous-estimation du nombre de cas.

Geneviève Chêne

Femme d’action, de dossiers, pas de « spots médiatiques »

Hormis cet entretien, Mme Chêne semble aux antipodes de ces personnalités qui comptabilisent avec satisfaction leurs passages dans les médias.

Sa réserve ne souhaiterait sans doute pas une mise en lumière trop vive ? Il suffit de dérouler son parcours, un CV comme le sien se passant de commentaires.

Professeure des universités depuis 1999 (biostatistique et santé publique), auteure de nombreuses publications, elle a été chef du pôle de santé publique au CHU de Bordeaux de 2011 à 2019, « un ensemble de services et d’unités qui comptent environ 350 personnels soignants et administratifs couvrant l’ensemble des domaines de santé publique. »

Geneviève Chêne a également directrice de l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (ISPED) de 2017 à 2019. « L’ISPED est un institut qui compte environ 100 personnels, plus de 60 enseignants en santé publique. C’est une masse critique qui est unique en France et qui est positionnée parmi les meilleures écoles de santé publique en Europe. Cet institut, je l’ai engagé dans un processus d’accréditation internationale », rappelle-t-elle.

L’ISPED était un remarquable préalable à son poste actuel, sans compter son expérience au sein du Comité des Sages pour la préparation de la stratégie nationale de santé 2013-2017, puis à la direction de l’Institut Santé publique de l’INSERM et de l’Institut de recherche en santé publique pendant trois ans, entre 2014 et 2017.

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Cumul de compétences

Ce cumul impressionnant, Geneviève Chêne le résume en une phrase sobre : « Cela m’a forgé une solide expérience dans la conception et la mise en œuvre d’une stratégie nationale de recherche en santé publique. »

Et au-delà, à l’international : elle est convaincue qu’« il y a une plus-value à la coopération et au partage d’outils concrets », ainsi qu’elle le rappelle lors de la conférence donnée pour l’EU-JAV (European Joint Action on Vaccination) dont elle est coordinatrice.

Sa vie personnelle ? Absolument rien n’en filtre dans les médias. C’est à son image : un visage avenant, souriant, cependant des yeux d’acier.

 

Nous laisserons au professeur Chêne ce mot de la fin : « Ma culture est d’être jugée sur ses connaissances, par mes pairs. »

 

Merci .

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